Le numérique au bénéfice des patients et des professionnels

Le jeudi 23 mai, Laura Létourneau a donné une conférence, lors de la Paris Healthcare Week, dans laquelle elle précise les orientations déclinées dans la feuille de route ambitieuse du virage numérique en santé, définie dans le cadre de la stratégie Ma Santé 2022.

Cette feuille de route, présentée par Agnès Buzin et Cédric O, qui fixe les grandes orientations de la politique du numérique en santé, se décline en 5 grandes orientations.

1 : Renforcer la gouvernance du numérique en santé

L’objet est ici fixer la gouvernance au niveau national et au niveau régional avec :

  • La création d’une délégation ministérielle du numérique en santé, la DNS (D. Pon et L. Letourneau) qui établit la vision générale, la feuille de route et garantit son respect et la bonne articulation entre tous les acteurs institutionnels (nationaux et territoriaux). La DNS s’appuiera sur toutes les directions qui portent des projets en santé, et particulièrement sur l’ASIP Santé qui deviendra l’ANS, l’Agence du Numérique en Santé.
  • La mise en place du conseil du numérique en santé, le CNS, qui se réunira tous les 6 mois, pour avoir une instance de concertation privilégiée avec tout l’écosystème.
  • La création d’une cellule éthique pour que la France et l’Europe devienne une 3e voix en terme de numérique, entre la voix chinoise et la voix américaine.

 

Dans ce prolongement, la doctrine qui régie ces orientations est celle de l’État-plateforme.

Selon Laura Létourneau, l’État doit s’inspirer du modèle de métaplateforme qui permet d’être agile, innovant, évolutif et mais aussi d’être souverain et de décider. En s’inspirant de ce modèle, l’État regagnera en souveraineté face aux GAFA et en agilité et pourra sortir de la bureaucratie et de l’inertie qui lui pèsent tant.

L’État doit ainsi s’entourer de tout un essaim d’innovateurs, publics ou privés.

2 : Intensifier la sécurité et l’interopérabilité des systèmes d’information en santé

C’est le socle indispensable à l’émergence des services numériques pour les professionnels et les citoyens.

Il garantit que tous les services numériques, développés par le public ou par le privé, d’une part, prennent racine dans un espace de confiance, en termes d’éthique, de sécurité, de protection des données personnelles, et, d’autre part, jouent le jeu de l’interopérabilité. 

Cette orientation formalise une véritable mission d’accompagnement des établissements sur la sécurité de leurs systèmes d’information, avec la mise en place d’un service national de cybersécurité en santé et l’extension du dispositif des incidents de santé qui existe actuellement à tous les acteurs de la santé.

3 : Accélérer le déploiement des services numériques socles

Les services socles permettront de garantir le partage et l’échange de données :

4 : Déployer au niveau national des plateformes numériques de santé

C’est ici que la démarche d’état plateforme se concrétise réellement.

L’espace numérique de santé est une plateforme, personnelle et personnalisable, qui regroupe des applications (ex : portail d’un hôpital, compte ameli, portail de la mutuelle, application diabète, le site santé.fr, etc.).

Cet espace offre au patient une vision consolidée de tous les sujets de santé qui le concernent, la garantie que toutes ses applications sont fiables ainsi qu’une navigation fluide entre ces différentes applications. 

L’espace numérique de santé met le patient en capacité d’être réellement acteur de sa propre santé et d’être acteur de l’évolution de son système de santé.

 

Du côté des professionnels, on retrouve un bouquet de services qui permet, de la même façon, aux professionnels de naviguer de façon fluide d’une application à une autre et d’avoir une meilleure connaissance de l’offre en services numériques à leur disposition.

 

Le Health Data Hub, quant à lui, est une plateforme mutualisée de traitement des données dont l’objectif est de garantir au plus grand nombre un accès fluide, gratuit et sécurisé aux données de santé qui sont financées par les solidarités nationales, pour accélérer l’innovation, accélérer la recherche, notamment en IA.

5 : Soutenir l’innovation et favoriser l’engagement des acteurs

Cette orientation vise à stimuler l’écosystème afin que les 3 méta-plateformes présentées ci-dessus ne restent pas des coquilles vides.

On y retrouve par exemple :

  • l’accompagnement de la télémédecine et du télé-soin ;
  • l’accompagnement à la modernisation des systèmes d’information hospitaliers : le programme HOP’EN ;
  • l’accompagnement du médico-social au virage numérique : le plan “ESMS numérique” ;
  • l’appui à l’innovation pour le développement d’un Lab e-santé  ;
  • la création d’un réseau national des structures de santé 3.0 pour offrir un terrain d’expérimentation en conditions réelles à des innovations en matière d’e-santé ;
  • l’engagement des acteurs sur les territoires : organisation d’un tour de France de la e-santé afin de confronter la politique nationale et sa mise en oeuvre aux regards des acteurs de terrain.

Concrétisation en régions : un tour sur le village des GRADeS

Cette stratégie numérique en santé se décline au niveau régional via les ARS. Elles en confient la mise en oeuvre opérationnelle aux GRADeS, autour des missions suivantes :

  • veiller à l’urbanisation, l’interopérabilité et la sécurité des systèmes d’information de santé ;
  • animer et fédérer les acteurs autour de la stratégie de e-santé ;
  • promouvoir l’usage des e-services en santé ;
  • apporter leur expertise aux acteurs régionaux ;
  • porter d’autres projets en partenariat avec les institutions et les offreurs de soins.

En contact direct avec l’écosystème de la santé de leur territoire, les GRADeS ont une mission de veille quant aux dérives potentielles du numérique et garantissent ainsi :

  • la finalité d’améliorer la qualité des soins,
  • le respect de la sécurité et de la confidentialité des données de santé,
  • l’accompagnement au changement lié à la transition numérique.

Les GRADeS ont pour feuille de route de mener à bien les chantiers e-santé prioritaires au sein des régions, avec notamment le déploiement de la télémédecine et des services numériques d’appui à la coordination.

Ils permettent de répondre à une attente forte des professionnels de santé qui souhaitent que les services numériques :

  • contribuent à améliorer la qualité et la sécurité des prises en charge,
  • permettent une coopération renforcée entre acteurs du sanitaire, du médico-social et du social,
  • et favorisent également l’accès aux soins pour tous.

À l’occasion de la Paris Healthcare Week, les GRADeS ont mené un travail collaboratif et transversal afin de proposer un lieu unique dédié au déploiement opérationnel de la e-santé en région, avec pour objectif de promouvoir les diverses initiatives portées sur les territoires pour les professionnels de santé et d’informer des travaux de collaboration qui sont menés entre GRADeS. Quatres grandes thématiques ont particulièrement été mises en avant : les parcours, la télémédecine, l’urbanisation des services numérique régionaux de santé et la cybersécurité.